Gilles Doré

Les Montréalais peuvent nul doute s’estimer heureux d’avoir eu comme directeur de l’OSM un chef d’orchestre de réputation internationale, ambassadeur incomparable de son art, d’une superbe prestance et de talent incontestable. Mais, par delà toutes ces belles qualités, par delà tous les beaux concerts au cours de son passage ici, c’est son enthousiasme à la tâche, son dévouement pour Montréal, son orchestre et son public, sa simplicité et son humilité qui le distinguaient de tant d’autres maestros.

De plus, son implication sociale… et son plaisir évident de parler français en firent une des personnalités publiques des dernières années les plus sympathiques et appréciées de tous ceux qu’il a touchés.
Son désir de faire connaître la « grande musique » au plus grand nombre et ces nombreux concerts avec les artistes populaires locaux contribuèrent grandement à une certaine démocratisation du répertoire classique. Mais bon, pour répondre à l’invitation de partager des moments mémorables du passage de maestro Nagano chez nous, il y en a deux en particulier qui me viennent à l’esprit.
Il y a d’abord le concert anniversaire au Centre Bell où l’orchestre sous sa direction a joué « la Neuvième » de Beethoven avec un chœur de plusieurs centaines et deux écrans géants de part et d’autre de la scène projetant le maestro de face.

J’y étais avec mon jeune fils qui, au moment d’entendre l’Ode à la joie, performée majestueusement dans cette immense enceinte, se tourna vers moi et, candidement comme seuls les enfants en sont capables, me dit : « c’est vraiment impressionnant! »… et ça l’était.

Et puis, il y a ce concert des Fêtes, le premier avec Fred Pellerin, pendant lequel le maestro, coiffé d’une tuque du Canadien, semblait s’amuser tellement de ce que racontait Fred Pellerin et de cette langue colorée qu’on lui connaît. Alors qu’on pouvait appréhender le choc de deux univers diamétralement opposés, la mise en scène de René Richard Cyr, la performance de Fred Pellerin et l’exécution des choix musicaux par l’OSM sous la direction du maestro, s’imbriquèrent parfaitement pour créer une si belle soirée, touchante, inoubliable.
Maestro Nagano, merci pour tout et mes meilleurs souhaits pour ce que vous déciderez d’entreprendre à l’avenir. Montréal se trouvera à tout jamais enrichi de votre séjour parmi nous.